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KALLIOPI RC : la drôle d’escale

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Mercredi 3 février, en provenance d’Anvers, le KALLIOPI RC escale au Havre ; une escale normalement banale qui va tourner au mauvais rêve ! Retour en arrière.

Au départ, l’escale prévoit, outre les opérations commerciales,  des travaux sur la propulsion. A cet effet, le navire déhale une première fois de 700m pour libérer son poste au quai du  Havre. Puis, il déhale sans machine assisté de 3 remorqueurs du quai du Havre au quai de l’Asie. Il y reste 9 jours. Les problèmes machine demeurant, décision est prise de le décharger complètement ; le navire est envoyé au quai de l’Atlantique où il reste 2 jours. A lège, le navire passe alors l’écluse François 1er et va s’amarrer au quai de Bougainville. Le navire y demeure 15 jours. L’équipage est relevé, les travaux sur la machine continuent.

Le mardi 1er mars, vers 18h00, le navire est prêt à prendre la mer. Il appareille, passe l’écluse François 1er et prend le large. Malheureusement, il subit un premier Black out dans le chenal mais parvient à relancer. Il peut reprendre sa route ! Puis, alors qu’il dépasse la zone d’attente 3 du Havre, il subit un second Black out. Il part à la dérive vers le nord et passe non loin d’autres navires au mouillage. Il parvient à stabiliser sa position en mouillant. Devant une telle situation, l’autorité maritime met en demeure l’armateur du navire de faire rentrer le navire au port et dépêche l’Abeille Liberté sur zone. Celle ci arrive vers 02h00, le mercredi 2. Les conditions météorologiques n’étant pas bonnes, l’entrée est reportée et il est décidé d’envoyer une équipe d’évaluation (marine nationale, centre de sécurité des navires, pilote du Havre) dans la journée. L’investigation sera sans appel ; le navire privé de toute énergie devra rentrer quand les conditions météorologiques seront meilleures. En attendant, le navire chassant sur son ancre régulièrement, il est envoyé au large sous remorque de l’Abeille Liberté.

Le jeudi 3 mars, les conditions s’améliorent. Le convoi va pouvoir faire route vers le port, quai de l’Asie. Vers 09h00, une réunion préalable est organisée à la capitainerie avec les équipes du remorquage et du lamanage. C’est l’usage au Havre quand des événements pas ordinaires se déroulent. A la suite, 2 pilotes équipés d’appareils de navigation et un stock de batteries VHF sont mis  à bord par notre hélicoptère. La météorologie est encore défavorable NW 25-30 nds.

Arrivés à bord, les deux pilotes inspectent le navire et briefent l’équipage sur le déroulement des opérations à venir. Le navire ne dispose plus d’aucune énergie et de propulsion. Le navire est en black out total et la chaine bâbord a été coupée. L’ancre tribord est inutilisable car le débrayage est devenu impossible sans énergie.

Finalement, vers 13h00, et profitant d’un créneau météorologique plus favorable, le convoi fait route dans le sud du chenal. Vers 14h00, les 2 premiers remorqueurs portuaires s’approchent du navire. L’un sera croché à l’arrière. A 15h20, le navire engaine le chenal à la bouée LH12 assisté de 2 remorqueurs supplémentaires utilisés en pousseur sur les flancs avant du navire. Le transit portuaire se fait finalement avec l’assistance des 5 remorqueurs, l’abeille Liberté fournissant la force de traction. A 17h00, le navire est accosté et l’Abeille Liberté est libérée.Tout l’amarrage sera fait à la force des bras par le courageux et non déméritant équipage indien.

A ce jour, le navire est toujours à quai.

Le KALLIOPI RC n’est autre que l’ancien HOECHST EXPRESS.

Livré en 1992 par les chantiers Samsung Shipbuilding & Heavy industries Co. Ltd, South Korea pour le compte de la compagnie Hapag-Lloyd, c’est un gros navire à son lancement. Il est racheté en 2015 par son propriétaire actuel et mis sur le marché de l’affrètement. Sa capacité commerciale est de 4639 containers evp. Ses caractéristiques sont les suivantes :

  • L=294m
  • l=32.3
  • V maxi : 23 nds

47 lignes régulières de navires porte conteneurs au Havre

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Premier port français pour le conteneur, le port du Havre compte aujourd’hui une petite cinquantaine de lignes régulières desservant l’Afrique, l’Amérique du Nord, du Sud et Centrale, l’Asie et l’Océanie. Les alliances mises en place en 2014 et 2015 n’ont à ce jour pas évolués. Cela pourrait changer suite au rachat de NOL APL par CMA CGM, le rapprochement des 2 grandes compagnies Chinoises … Les lignes régulières de navires desservant notre port évoluent donc peu à ce jour.

Par rapport au printemps dernier, le nombre de lignes desservant le port évolue peu ; 47 lignes sont comptées. Pas de faits marquants autre que de nombreuses lignes reçoivent des navires de plus grande taille.

Le pilotage du Havre fête les 40 ans de son service hélicoptère

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Hélicoptère Dauphin N3 - Station de pilotage du Havre

Article paru dans le journal l’ANTENNE le 5 février 2016

Première au monde à s’équiper d’un hélicoptère pour mettre à bord et récupérer les pilotes maritimes, la station de pilotage du Havre fête les 40 ans de ce service qui permet au port de ne jamais être fermé, contrairement à ses concurrents du Nord.

Avec le premier navire servi, le 7 mai 1976, « ce fut une révolution d’introduire dans un milieu maritime un moyen de transfert aérien », note Pascal Olier, président de la station de pilotage du Havre-Fécamp. Pour répondre à l’ouverture du port pétrolier d’Antifer, « il fallait un moyen rapide et efficace qui ne remette pas en cause le service sur la rade du Havre, toujours opéré pour quelques années encore par le bateau-pilote ». Pour servir ces navires, situés à plus de 25 milles au large, la solution de l’hélicoptère est retenue, à l’époque où « aucune station de pilotage en France ni à l’étranger n’est équipée de ce type d’engin ». Reste que l’acquisition du matériel a fait l’objet « de grandes tractations avec les différents partenaires : Port autonome, armateurs, administration de tutelle ou de l’aviation civile ». Depuis, la station pionnière a été rejointe par Bordeaux, en 1985 puis Dunkerque, en 1990.


Une disponibilité quasi permanente

Les atouts de ce système sont, rappelle-t-on au Havre, incontestables : propriétaire du matériel et avec ses propres équipages, la station bénéficie d’une « disponibilité quasi permanente. Cette même disponibilité qui fait que le port du Havre n’est jamais fermé contrairement à nos grands concurrents du Nord ». Autre avantage, un coût mutualisé à l’ensemble des opérations qui permet de réduire pour chacun le prix de la prestation, et donc sans surcoût pour l’armateur du navire piloté. « Élément majeur de la qualité et de la fiabilité des services portuaires, rappelle Pascal Olier, ce service reste une marque de fabrique du pilotage français, qui nous distingue de bien d’autres stations dans le monde ».

« Le 7 mai 1976, ce fut une révolution »

De jour comme de nuit, dans presque toutes les conditions météorologiques, le Dauphin bimoteur effectue ses rotations en moins de quinze minutes, pouvant atteindre une vitesse de 280 km/h et embarquer cinq personnes à bord. Après les super-tankers d’Antifer, la dizaine d’appareils qui se sont succédé depuis quarante ans – depuis l’Alouette III des débuts au Dauphin N3 construit par Eurocopter – ont servi les très gros navires tels les pétroliers, vraquiers et porte-conteneurs. Et depuis deux ans, près de 2.000 navires sont servis par hélicoptère sur 12.000 mouvements, soit près de 16 % du trafic. 80 % des opérations se déroulent par hélitreuillage, le reste directement en appontage. En 2004, 10 % des mouvements sur rade du Havre avaient été assurés par les airs, soit 1.400 sorties. La station du Havre (30 marins) emploie deux équipages de deux pilotes et deux mécaniciens-treuillistes pour ce moyen aérien qui complète les six pilotines.

Natalie Castetz

En savoir plus sur notre hélicoptère

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